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Interview blogueuse Lili Sohn

Je vous propose de découvrir une série d’interviews de femmes qui ont choisi de parler de leur maladie à travers un blog. Chacune a un parcours de vie bien différent, pourtant elles ont en commun le fait d’avoir traversé un cancer.

Aujourd’hui elles ont terminé leurs traitements et ont repris le cours de leur vie non pas « normalement », mais différemment. J’ai choisi d’aborder avec ces femmes des thèmes qui sont souvent évoqués par les personnes confrontées à la maladie.

Si j’ai souhaité vous partager leur parcours c’est parce que certains chemins de vie peuvent être inspirants ou apporter un autre regard sur cette épreuve. Il n’y a évidemment pas de modèle à suivre, chaque femme apportera ses propres réponses, et vous trouverez également les vôtres car chaque histoire est unique.

 

On commence cette série d’interviews avec

Lili Sohn 

 

J’ai découvert Lili Sohn à travers à son blog « Tchao Gunther » , qu’elle a créé en 2014 afin de partager son expérience de la maladie. A ce moment-là, Lili exprime son vécu grâce aux dessins qu’elle publie sur son site, ce qui lui permet aussi d’informer ses proches ( à cette période, elle vit loin de sa famille au Québec).  Quelques mois plus tard, le blog donnera naissance à 3 bandes dessinées qui relatent son histoire  (« La guerre des tétons »). Aujourd’hui, elle est auteure de  BD-illustratrice et continue de sensibiliser le grand public à travers des illustrations et des vidéos.

Elle a gentiment accepté de répondre à mes questions, découvrez maintenant ses réponses…

Quel K as-tu rencontré ? quel traitement as-tu suivi ?

Cancer du sein, tumeroctomie, chimiothérapie, herceptine, BRCA1, mastectomie préventive par prothèse, hormonothérapie.

(je jette un peu ça comme ça, mais ceux qui sont passés par là sauront, pas besoin de mise en forme 😉

Qu’est-ce que c’est pour toi le courage ?

Pour moi le courage c’est de faire quelque chose qu’on est pas obligé de faire et qui est plutôt désagréable, qui fait peur, mal… Donc j’ai un peu de mal à utiliser le mot courage dans la maladie. Parce que d’une certaine manière on est bien obligé de se soigner (enfin non on est pas obligé mais on se comprend…). Alors je préfère parler d’énergie cosmique. J’en ai reçu beaucoup et j’en envoie beaucoup aux gens qui m’écrivent et qui sont en traitement.

C’est comme le mot combat… il me pose un peu problème aussi. Il y aurait donc les gagnants et les perdants? Comme si on était totalement responsable de sa guérison. Même si je comprends qu’on ait envie d’utiliser le vocabulaire de la bagarre!

Quel est le plus beau geste (marque d’affection, acte, parole…) qu’on est fait pour toi pendant les traitements ?

Il y en a eu plusieurs. Des amis se sont rasés la tête (ils sont tarés, jamais j’aurais fait ça..enfin je crois?). J’ai reçu un colis rempli de paillettes (impossible de s’en débarrasser, il y en avait encore dans mon appartement plus d’un an après!) Deux amies sont venues me voir en surprise à Montréal (j’habitais au Québec lors de mon diagnostic). Une copine m’a envoyé un message tous les jours pendant toute la durée des traitements, une autre me déposait des tupperware de bouffe devant ma porte…

Et puis il y a l’équipe médicale lors de mon diagnostic. C’est comme si j’étais la première personne a qui ils l’annonçaient. Je ne me suis absolument pas sentie un numéro et ça a été très précieux.

Est-ce que la maladie a changé ta manière de voir la vie? Si oui, comment ?

J’ai l’impression d’avoir mangé le Dalaï Lama! Je me sens plus zen, je me prends moins la tête. J’ai l’impression d’être un peu moins con, plus ouverte. Comme si le fait de vraiment comprendre que j’étais mortelle me permettait de mieux profiter de la vie!

Bien sûr, parfois je flippe totalement de récidiver, mais j’essaie de gérer mes angoisses.

Pour toi, ça veut dire quoi « prendre soin de soi » ? Comment fais-tu ?

Pour moi cela consiste à se faire plaisir. Tous les jours je me « force » à profiter, même d’une toute petite chose: une séance de yoga maison, pique niquer au bord de la mer, prendre l’air au soleil, écouter une émission de radio hyper intéressante, faire un gâteau, manger un truc trop bon, envoyer un message à une copine, raconter une blague à mon amoureux, aller faire un coucou à la grand-mère qui habite à côté de chez moi, faire un câlin à mon chat,…

C’est parfois insignifiant mais le faite de prendre conscience de ce petit plaisir me permet de l’apprécier, d’apprécier ma journée et de passer par dessus les conflits ou autre.

As-tu d’autres projets à venir ?

Ma nouvelle Bd Vagin Tonic sort dans quelques jours (le 6 Juin) et je suis très excitée. Après avoir raconté mon expérience de la maladie en Bd je passe à un autre sujet: le corps de la femme. Et c’est une étape assez symbolique pour moi. Être autrice de Bd en dehors de la maladie!

 

Merci Lili d’avoir pris le temps de répondre à mes questions!

 

 

Pour découvrir le blog de Lili c’est par ici –> http://tchaogunther.com

Son dernier livre « Vagin tonic, le guide décontractée de l’anatomie féminine« :

« La guerre des tétons » (3tomes), la BD dans laquelle Lili évoque de manière très colorée et humoristique son parcours de soin, l’annonce à ses proches et ce que cette épreuve a changé dans sa vie.

 

 

photo @EmilieDeville

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